Sur la presqu’île, on a toujours su construire avec la matière du lieu. Les bourrines de Brière, montées en terre et coiffées de roseau, le granit des remparts guérandais, l’argile patiemment façonnée des marais salants : ici, les matériaux racontent le territoire. La future école de Maison Neuve apparaît ainsi moins comme une rupture que comme un retour aux sources.
Conçu par l’agence nantaise MABIRE REICH Architectes, lauréate du concours lancé par la Ville, le projet fait de la terre son fil conducteur. Celle que l’on retirera du terrain ne partira pas en décharge : elle sera moulée en briques crues pour former une partie des cloisons intérieures. Le bois et la paille composeront, eux, des murs préparés en atelier puis assemblés sur place, à la manière d’une charpente. Une façon de bâtir plus sobre, qui laisse moins de place aux déchets comme à l’improvisation.
L’école, qui recevra entre 200 et 240 enfants de la petite section à la fin du primaire, s’étirera de plain-pied, à hauteur d’enfant. Toitures et cours plantées, photovoltaïque, aérothermie, eaux de pluie gérées sur la parcelle : le programme a tout de la construction contemporaine, sans ostentation. Les premières perspectives montrent des volumes bas, des teintes d’argile, de larges auvents de bois, une architecture qui s’efface derrière la vie qu’elle abritera. Au cœur de la ZAC de Maison Neuve, labellisée ÉcoQuartier, il accompagne la naissance d’un quartier entier dans une cité longtemps associée à ses remparts et à son sel. Une salle municipale indépendante, ouverte aux associations et aux habitants, en fera un lieu de voisinage autant que d’apprentissage. Avec la rénovation du groupe scolaire Bois Rochefort, la ville prépare ses écoles pour la génération qui vient.
Les engins sont attendus en 2027. D’ici là, c’est sur la table des architectes que prend forme cette école où des enfants apprendront entre des murs nés de leur propre sol.

