À La Baule-Escoublac, la difficulté n’est pas nouvelle : l’été venu, les restaurants, commerces et services doivent recruter, mais les salariés peinent à se loger dans un marché immobilier sous forte pression. C’est dans ce contexte que Podeliha inaugurera, le 19 juin, 20 tiny houses installées allée Diane, sur le site de l’ancien camping du Bois d’Amour. L’opération est conduite en partenariat avec la municipalité et les logements seront gérés par le CCAS de La Baule. La quasi-totalité de ces petites habitations est déjà occupée, principalement par des travailleurs de la restauration.
La rapidité de mise en œuvre est l’un des points importants du dossier : moins de six mois pour installer une solution opérationnelle avant la haute saison. Dans une économie touristique où le calendrier ne pardonne pas, cette dimension est essentielle. Quand la saison commence, les besoins sont immédiats. Podeliha, filiale d’Action Logement et premier bailleur social des Pays de la Loire, n’en est pas à sa première expérimentation à La Baule. En 2023, l’organisme avait déjà déployé 31 logements déplaçables avec sa solution Habiflex : 22 studios et 9 logements en colocation. Les nouvelles tiny houses viennent donc étoffer une offre pensée pour répondre au lien emploi-logement, devenu central dans les territoires attractifs.
Ces tiny houses sont fabriquées par Les P’tits Pénates, entreprise installée à Rezé. Podeliha met en avant une conception à impact limité : matériaux biosourcés, optimisation des espaces et installation sur pieux plutôt que sur dalle béton. L’enjeu n’est pas seulement de loger vite, mais de le faire sans artificialiser durablement les sols. L’exemple baulois illustre une évolution plus large. Dans les zones touristiques, les salariés indispensables à l’économie locale sont souvent les premiers exclus du marché locatif classique. La montée des locations de courte durée, la rareté du foncier et le niveau des prix compliquent l’accès au logement pour ceux qui font vivre la saison.
La solution des tiny houses n’est pas miraculeuse. Elle ne remplace ni une politique de logement durable, ni une réflexion de fond sur l’équilibre entre tourisme, emploi et habitat permanent. Mais elle a le mérite de répondre à une urgence. À La Baule, vingt logements de plus pour les saisonniers, c’est déjà vingt situations débloquées. Et, parfois, c’est ce genre de détail très concret qui permet à toute une saison de tenir debout.

