Ils ne porteront ni uniforme ni carnet de contraventions. Du 6 au 31 juillet, cinq étudiants bénévoles de l’Icam de Vannes vont parcourir le littoral, de l’estuaire de la Loire jusqu’à la Vilaine, pour engager la conversation avec les promeneurs, les pêcheurs à pied, les plaisanciers et les vacanciers. Une mission estivale qui relève d’abord de la pédagogie et du dialogue.
Ces futurs ingénieurs deviennent, pour quelques semaines, les nouveaux Médiateurs du Littoral du CPIE Loire Océane. On pourra les croiser de Pénestin à Saint-Nazaire, en passant par Assérac, Mesquer, Piriac-sur-Mer, La Turballe, Le Croisic, Batz-sur-Mer, Le Pouliguen, La Baule et Pornichet. Un vaste terrain d’intervention, à l’image d’un territoire où se côtoient plages très fréquentées, zones rocheuses, marais, ports de plaisance, espaces Natura 2000 et activités économiques liées à la mer.
Leur rôle ne consistera pas à donner des leçons, mais à ouvrir la discussion. Comment pratiquer la pêche à pied sans épuiser la ressource ? Pourquoi faut-il remettre les pierres dans leur position d’origine après avoir cherché des crabes ? Où se renseigner sur les tailles minimales de capture ou sur une éventuelle interdiction sanitaire ? Quels produits utiliser pour nettoyer son bateau ? Comment éviter les rejets polluants dans les ports et limiter les dérangements causés à la faune ?
Ces questions paraissent parfois modestes. Additionnées pendant une saison estivale, elles prennent une tout autre dimension. La pêche à pied attire ainsi plus de deux millions de pratiquants en France. Le CPIE Loire Océane mène depuis 2013 des comptages, des enquêtes et des actions de sensibilisation afin de mieux concilier cette pratique populaire avec la préservation des coquillages et des habitats naturels. L’association rappelle également que la qualité sanitaire des gisements évolue et que certaines zones peuvent être temporairement fermées par arrêté.
Dans les ports, des conseils très concrets
Les étudiants interviendront également dans les ports de plaisance dans le cadre de la campagne Écogestes Manche Atlantique Bretagne. Le principe est simple : accompagner les plaisanciers vers des changements réalistes, qu’il s’agisse de leurs équipements, de l’entretien des bateaux, de la gestion des déchets ou de leur comportement en mer.
Cette campagne rassemble des associations d’éducation à l’environnement, des gestionnaires d’aires marines protégées, des agents portuaires ainsi que des professionnels du nautisme et du tourisme. Elle vise moins à multiplier les slogans qu’à harmoniser les conseils donnés aux usagers. Déployée à l’échelle régionale depuis 2022, elle avait permis de rencontrer près de 5 000 usagers de la mer au cours de ses trois premières années.
Sur notre façade maritime, la qualité de l’eau demeure une préoccupation centrale. Ce qui est rejeté dans un port, un fossé ou un cours d’eau finit rarement par disparaître comme par enchantement. L’eau relie l’intérieur des terres aux marais, aux estuaires et à l’océan. Les médiateurs rappelleront ainsi que la préservation du milieu marin commence souvent par des gestes ordinaires : éviter les produits toxiques, limiter les déchets, prévenir les fuites d’hydrocarbures et respecter les zones sensibles.
Un dispositif renforcé pendant la haute saison
L’arrivée de ces cinq bénévoles complète le travail déjà mené par les ambassadeurs du littoral de CapAtlantique La Baule-Guérande Agglo. Jusqu’au 31 août, Cécilia Kiss et Clément André sont notamment présents dans les marais de Rostu, à Mesquer et Saint-Molf, ainsi que dans ceux du Branzais et de Men ar Mor, à Pénestin.
Leur mission porte sur la découverte des espèces, le fonctionnement des marais, la protection des oiseaux nicheurs et le respect des activités qui entretiennent ces paysages, qu’il s’agisse de la saliculture, de la conchyliculture ou de l’élevage. Ils rappellent aussi quelques principes de bon sens : tenir les chiens en laisse, rester sur les sentiers balisés et ne pas emprunter les chemins privés des paludiers. Des suivis ornithologiques sont également réalisés sur ces espaces appartenant au réseau Natura 2000.
Les étudiants pourront enfin prêter main-forte à des initiatives collectives : arrachage d’espèces végétales envahissantes, restauration de milieux naturels ou chantiers bénévoles. Le CPIE fournit habituellement les outils et l’encadrement nécessaires à ces opérations, qui peuvent également prendre la forme de plantations de haies, de création de mares ou de nettoyages de plages.
Créé en 2012 à Guérande et aujourd’hui installé à Mesquer, le CPIE Loire Océane intervient depuis plus de dix ans auprès des habitants, des collectivités, des associations et des acteurs économiques. Sa méthode tient en quelques mots : aller sur le terrain, faire circuler les connaissances et rechercher des solutions avec les usagers plutôt que sans eux.

